J’arrivais à peine de travailler, laissant tombé mon sac, mon manteau, mes souliers le long de l’allée qui me séparait de ma chambre à coucher. Il n’était pas venu me rejoindre comme à l’habitude, c’était plutôt étrange. J’appuyai sur le « Play » du répondeur, trois messages m’y attendaient.
Premier nouveau message: Bonjour Math, c’est maman, j’aimerais ça que tu me rappelles, ça fait longtemps que je n’ai pas eu de tes nouvelles.
Deuxième nouveau message: (voix de femme) « Comme tu verras, il n’est plus là. Si tu veux le revoir, tu dois me rendre ce que tu m’as pris. Je n’ai aucun attachement à lui, il pourrait bien lui arriver un accident si à la fin du weekend, tu n’as pas écouté ma requête. J’imagine que tu comprendras que toute signalisation à la police sera inutile. Tu sais où me trouver. »
Troisième nouveau message: *tonalité raccrochée*
« La salope… Elle n’a pas fait ça pour vrai?! » Je me rends dans le salon, cherche partout, ne le trouve pas, la télé est restée ouverte. Dans sa chambre, pas là. Cuisine, pas là. Je regarde dans la cour, aucune trace de vie. Elle me menace maintenant mettre fin à ses jours, comme ça, sans coeur. Il remplissait ma solitude et maintenant elle m’y renvoie froidement, comme ça, la monnaie de ma pièce, pièce maintenant vide.
Je m’en fais pour rien, ce n’est qu’un chat, je vais oublier tout ça. En acheter un nouveau. Je ne peux pas la laisser gagner. Elle me tient encore comme elle l’a toujours fait. Mes couilles ont l’air bien petites entre ses mains. Allez, j’arrête d’y penser. Merde. 3 ans qu’il comble le vide, le silence. Il m’attend le soir, le matin au lever, il est toujours là. Bien sûr que c’est pour manger, mais sa présence, sa seule présence m’accompagne dans le silence. Elle est encore capable de me briser.
Comment pourrais-je lui remettre ce qu’elle veut? Elle ne comprend toujours pas que je n’en peux plus, que je ne suis plus cet admirateur dans sa rue. Tout ça est passé, tout ça est terminé et elle ne veut pas le réaliser. Combien de fois, combien de mois, de mots, ai-je utilisés pour lui faire comprendre, lui faire entendre que c’est cette histoire est effacé. Non. Elle me veut encore à ses côtés. Je ne peux y retourner, elle ne peut pas encore me manipuler. J’ai brisé son coeur, elle brisera son corps.
Je ferme les yeux. Elle ne peut plus gagner, c’est décidé. Je reprends mon manteau, mes souliers, je sais que je pourrai y arriver. Mon pas lourd sur le pavé, essayant de tout résoudre, je tremble, je doute que je puisse m’y rendre. Mes pas sourds, la tête enfouie dans mes idées, je continue à marcher. J’arrive au métro, ligne bleue, personne où presque n’habite sur cette ligne, c’est pourquoi c’est plus long, sinon mes idées qui défilent sans raison. Elle ne gagnera pas, pas cette fois. J’entends le train qui s’en vient. Elle ne me fera plus ça. Les phares du wagon de tête m’apparaissent, je ferme les yeux. L’air se fait sentir, dans un courant qui m’emporte, je pense une dernière fois à lui, à moi.
Sujet : Raconte une histoire qui commence par une note de rançon.
Merci miss! 😉
Cocasse
Je ne m’appelle pas Math et ma mère sait que je vais bien. Merci
il n’y a pas de quoi à aller se jeter sous un métro et ta maman attend tjs des nouvelles